Dans le département de Mirriah, l’une des plus grandes zones agricoles du Niger, la patate douce rouge cultivée dans la commune rurale de Droum s’impose comme une culture résiliente. Elle est aujourd’hui, porteuse d’espoirs pour les producteurs et précieuse pour l’avenir alimentaire du pays. En pleine campagne agricole pluviale 2025, une mission de terrain conduite par le Dr Haboubacar Maman Manzo a permis de faire le point sur la disponibilité des intrants, l’état des infrastructures hydro-agricoles, et surtout, sur le potentiel exceptionnel de cette variété de patate douce à peau rouge.
Une zone à haute potentialité agricole et hydraulique…
La mission a conduit les observateurs du chef-lieu de Mirriah au sud de la commune de Droum, en passant par les localités de Gogo, Machaya, Koumtchi, Banima et Kahi. Une mission qui a pour objectif d’évaluer les ouvrages de maîtrise d’eau réalisés dans la zone (seuils d’épandage, zones de recharge), longtemps réputée pour approvisionner en eau les villes de Zinder et de Mirriah. Mais cette zone est encore peu reconnue pour sa vocation agricole. Grâce au retour progressif des pluies ces cinq dernières années, les vallées retrouvent leur fertilité « Les constats sur le terrain révèlent des états contrastés. Le seuil d’épandage de Kahi, par exemple, a été fortement endommagé par les pluies de 2024. En revanche, les ouvrages de Banima et Koumtchi présentent un bon état, stimulant des activités maraîchères, horticoles, pastorales, voire piscicoles. Ces vallées verdoyantes, où l’eau affleure, sont exploitées intensément par les communautés rurales. » Indique Dr Haboubacar Maman Manzo, enseignant chercheur

La patate douce rouge : culture emblématique et stratégique
La patate douce rouge, ou ‘lawur/mankani’, présente dans presque toute l’Afrique de l’Ouest, est au cœur du système de production de la vallée Gogo-Machaya. Cultivée toute l’année dans cette zone agricole, elle constitue une source alimentaire et économique continue pour les producteurs. Autoconsommée ou commercialisée sur les marchés locaux (Droum, Gogo, Mirriah, Zinder), elle est reconnue pour sa texture moelleuse, son goût sucré et ses vertus nutritionnelles « Grâce à sa richesse en fibres, en vitamine A et en antioxydants, cette variété est particulièrement recommandée pour les personnes atteintes de diabète de type 2. Ses propriétés en font également un allié contre certains cancers et pour la santé des yeux et du système digestif. Par ailleurs, ses feuilles servent de fourrage animal très apprécié, renforçant sa multifonctionnalité. » fait savoir cet enseignant chercheur.

Un modèle de résilience à soutenir !
La patate douce rouge de Droum pousse dans des sols variés et résiste aux aléas climatiques. Elle est devenue un pilier de la sécurité alimentaire locale « Cependant, cette culture mérite un accompagnement scientifique et technique accru, ainsi qu’une valorisation de sa chaîne de valeur pour en faire un levier de développement national. » Précise-t-il
Comme le souligne le Dr Haboubacar Maman Manzo, cette culture emblématique incarne une solution durable face aux défis agricoles et nutritionnels du Niger. Un meilleur encadrement, la transformation locale et des politiques de soutien pourraient démultiplier ses impacts dans les années à venir.
Dr Haboubacar Maman Manzo, Docteur (Ph.D) en Sciences Agronomiques et Ingénierie Biologique,Enseignant-Chercheur à l’Université Boubakar Ba de Tillabéri-Niger/Aliou DIALLO, Journaliste Environnementaliste



