
Dr Souleymane Kouyaté, est un expert reconnu dans le domaine de l’ingénierie avec plus de 30 ans d’expérience. Grâce à son leadership et sa vision stratégique, il a su positionner l’entreprise comme un acteur majeur dans le secteur, en menant des projets d’envergure nationale et internationale. Son engagement envers l’innovation et la formation des jeunes talents a contribué à faire de West Ingénierie une référence incontournable. Cet homme imprime toujours dans la culture de ces équipes, un travail dynamique et professionnel. Nous lui avons rencontré pour parler de la dégradation des routes en Guinée. Cette problématique qui engendre de nombreuses conséquences sur le quotidien des citoyens.
West ingénierie, vient de rafler le prix international de performance. Dites-nous d’abord, quels sont vos mots par rapport à ce cabinet que vous avez mis en place depuis vingt-cinq (25) ans ?
West ingénierie est aujourd’hui une structure qui est une fierté pour la Guinée. Tout est parti de la Guinée. C’est une société de droit guinéen créée, il y a de cela 25ans.
Par le travail et la volonté, aujourd’hui nous sommes dans beaucoup de pays dans le domaine de l’ingénierie. Pour nous, le prix de la performance du Bureau Africain, c’est une fierté qui dénote le travail bien fait et la volonté d’essayer qu’en Afrique on peut montrer quelque chose. Nous travaillons sur pas mal de projets en Guinée.
C’est une fierté pour nous de vendre l’expertise guinéenne dans plusieurs pays où ça a beaucoup travaillé comme au Libéria, au Rwanda, au Congo etc. Nous essayons de bien faire notre travail. C’est pourquoi les gens nous identifient, ils nous donnent des prix, nous gratifient, nous encouragent et ça nous demande énormément de responsabilité, aller de l’avant et être au top comme nous l’aimons le dire.
En Guinée, on a quand même une problématique réelle des infrastructures, Dites-nous quelles sont les causes des dégradations des routes dans le pays et qu’est-ce qu’il faut pour que l’infrastructure guinéenne soit au top ?
En matière de route, je fais très attention par rapport aux discussions parce qu’il y a trop de passion. Les gens sont vraiment émotifs. Quand on fait une route, on doit s’attendre à ce qu’elle se dégrade. C’est vrai que nous sommes dans une zone qui n’est pas facile en matière de climat. La Guinée connaît une très forte précipitation. La pluviométrie est très élevée. Comme on le dit dans les écoles d’ingénierie, le premier ennemi de la route c’est l’eau. Dans le travail que les ingénieurs font, nous faisons le calcul de telle sorte que quand une goutte d’eau qui tombe par exemple sur une route bitumée, on doit faire une inclinaison qui permet à cette goutte d’eau, en moins de quelles minutes quitte le bitume. Nous faisons en sorte que l’écoulement se fasse de façon naturelle. On sait que plus l’eau dure sur le bitume, plus il est exposé et la dégradation va s’en suivre.
Et nous le problème de Conakry, ce qu’on a une très forte pluviométrie. Ce qui fait qu’il y a eu de tonnages d’eau qui s’abattent sur Conakry et que nous voyons dans d’autres pays, la route ça coûte très cher. Quand tu fais une route, nous les ingénieurs, on fait nos calculs en se disant dans les dix (10) ans ou dans les vingt (20) ans à venir, on doit faire des petits entretiens, mais les routes là doivent être fonctionnelles. Mais quand on se retrouve dans des zones comme Conakry où il pleut beaucoup et que la route peut être dégradée dans certains endroits, il faut avoir des moyens et une politique d’entretien qui fait qu’on puisse l’entretenir rapidement.
Pourquoi dans les autres pays ce problème ne se pose pas ?
Quand on est en Europe, dans les pays où il y a des moyens, nous voyons qu’après les saisons de pluies, il y a des travaux partout. Parce qu’ils interviennent tout de suite pour boucher les trous, arranger de telle sorte que les dégradations tellement grandes pour couper la route.
Mais nous, nous n’avons pas les moyens à l’infini. Ça fait que quelques fois, la dégradation peut être petite, ça dure jusqu’à ce que ça prenne de l’ampleur, la route devient impraticable.
La première cause, c’est la pluviométrie. On aurait également pris beaucoup de temps pour asseoir une bonne politique routière. C’est-à-dire, programmer des études à tête reposée, réaliser des études à tête reposée, chercher des financements, lancer des travaux et les réaliser correctement. Tout cela n’est la faute de personne, mais parfois entre les études des travaux on se précipite beaucoup, parce qu’il y’en a qui disait de laisser même les études pour commencer directement les travaux parce que c’est dans les travaux que les populations voient des machines, mais derrière les machines, il doit y avoir une étude qui dit la route doit passer par là, à cet endroit. Voilà le type de sol, le type d’équipements pour que les routes restent longtemps. Quelques fois, c’est ce qui manque, mais ce n’est pas propre à la Guinée. C’est une situation qui est comme pour l’Afrique. Les gens qui ont eu la chance d’être favorisées par la nature ont moins de problèmes que nous. Ce n’est pas forcément spécifique à la Guinée.
Mais quel est l’impact que cela peut avoir sur la vie de la population, c’est-à-dire la dégradation de la route continue ?
Dans un pays où il n’y a pas de route, l’impact sera sur l’économie. Et quand l’économie est faible, la population est pauvre. Ça appauvrit. Un jeune quj a une boutique à Lambanyi et qui loge à Coyah, si ça trouve qu’il n’y a pas de route, il serait obligé d’abandonner son activité parce qu’il y a tellement de bouchons, de difficultés pour se déplacer. Quand il n’y a pas de route, on vit, mais on s’appauvrit, on ne se s’enrichit pas. La route, c’est le développement.
En tant que spécialiste, quelques sont les zones de la Guinée qui ont quelques routes, mais qui en ont besoin des entretiens ou qui n’en ont vraiment pas. Et qu’est-ce qu’il faut pour que nous puissions avoir ces routes ?
C’est une question vraiment vaste, mais je ne dirai quand-même qu’en Guinée, souvent quand je suis dans les réunions de la fédération des bureaux d’étude, des entreprises ou des réunions de TP, je dis souvent qu’aujourd’hui, je suis venue en Guinée depuis 2020, pour contribuer au développement de ce pays. Donc, quand je tourne à l’intérieur du pays, il y a tout à faire. Il y a énormément de choses à faire. Toutes les régions du pays ont des problèmes de routes nationales comme secondaires.
Il y a eu beaucoup d’efforts ces derniers temps. Nous venons de terminer une mission sur les préfectorales ou on a fait quand même une centaine de kilomètres de route. Mais, une route en terre, c’est une route qui se dégrade surtout dans les zones tropicales comme la Guinée forestière ça se dégrade très vite. Ce qui est bien, ce qu’on a des infrastructures de franchissement. Par exemple, des ponts qu’on construit même ce sont des routes en terre, mais si on peut franchir des cours d’eau sans problème, le reste on peut arranger.
Qu’est-ce qu’il faut pour bien organiser ce secteur des infrastructures routières ?
Je me dis qu’en Guinée, il faut qu’on mène une très profonde réflexion. Je dirais qu’il faut qu’on se donne des idées parce qu’il y a beaucoup de spécialistes. Il y a des géotechniciens qui ont fait de sondages partout dans le pays, qui connaissent la structure du sol. En fonction des difficultés et de la pluviométrie qu’on a, on pourrait se demander qu’est-ce qu’il faut faire pour améliorer l’infrastructures routières en Guinée, parce qu’il y a beaucoup de problèmes.
Même s’il y a beaucoup d’efforts et parfois c’est décevant. Les dirigeants politiques ou les hauts niveaux, ils se disent on a sorti beaucoup d’argent.
Mais qu’est-ce qui n’a toujours pas marché ?
Je me dis quelques fois, on se prend un peu dans le désordre. Quand je prends la région forestière, je dis dans les cinq ans à venir, je veux tel nombre de kilomètres de route, tel nombre de cours d’eau franchis. On essaye de voir comment faire, pour les construire correctement. On ne se lève pas un matin pour dire voilà, on fait ça et ça. Les échangeurs que nous voyons aujourd’hui qui facilitent la circulation, mais ce sont des projets montés depuis plusieurs années. Donc, en matière de route, on ne se lève un beau matin pour le faire. Il faut une longue réflexion et d’études.
Décryptage Aliou DIALLO et Bountouraby BANGOURA



