L’agriculture, un des secteurs nourriciers de toute société. Au Niger, précisément dans la région de Zinder cette activité fait partie le quotidien des citoyens. Diverses cultures sont cultivées.
À l’occasion du démarrage des récoltes dans la région, nous avons rencontré Dr Haboubacar Maman Manzo, Docteur en Sciences Agronomiques et Ingénierie Biologique, Enseignant-Chercheur à l’Université Boubakar Ba de Tillabéri. Il nous livre son analyse sur l’état d’avancement de la campagne agricole pluviale 2025, les variétés cultivées et les défis à relever.
Où en est la campagne agricole pluviale 2025 dans la région de Zinder ?
Par la grâce d’Allah SWT, nous entamons, à petit pas, la récolte du mil, du niébé et de l’arachide un peu partout dans la région de Zinder. En cette mi-septembre 2025, de nombreux villages agricoles ont commencé par le niébé, dont la récolte s’étale jusqu’à la fin de la saison des pluies, en fonction des zones agro-écologiques et des variétés cultivées.
Quelles sont les principales variétés de niébé cultivées ?
Pour cela, nous avons deux grands groupes. Les variétés traditionnelles : Dan matara, Dan arba’in, Dan baderi, bakin hanci, kilekandawo, Sa baba sata. Les variétés améliorées : IT90, IT89, KVX, TN, Dan Hadjia. Ces variétés sont très répandues dans la région et leur récolte a commencé dès la fin du mois d’août, là où les semis ont été réalisés avant fin du mois de juin.
Et qu’en est-il du mil et du sorgho ?
Le mil, notre principale céréale, commence timidement sa récolte. Dans un même champ, on observe une grande hétérogénéité, reflet de la diversité génétique des variétés. Cela entraîne des décalages dans les phases de grenaison et de remplissage des épis. Les premiers épis pleins, appelés toumou, sont déjà cueillis pour la consommation fraîche. Pour le sorgho, c’est la dernière culture à être récoltée dans la campagne pluviale.
Quels constats tirez-vous de cette campagne 2025 ?
Un point marquant est le recours aux variétés traditionnelles, qui permettent aux producteurs de s’adapter aux conditions géoclimatiques changeantes et imprévisibles du Sahel nigérien. Pour le mil, on retrouve des variétés comme ankoutess et Zango, mais aussi des variétés améliorées comme HKP (la plus diffusée au Niger) et Doubani.
Pourquoi les légumineuses sont-elles récoltées en priorité ?
Parce qu’elles ont un cycle végétatif plus court (45 à 70 jours) et une forte valeur marchande. De plus, elles sont très vulnérables aux pluies tardives, qui peuvent endommager les gousses et la biomasse utilisée comme aliment pour le bétail. C’est pourquoi la récolte du niébé (roro) et de l’arachide (touké) mobilise beaucoup de main-d’œuvre en ce moment.
Quels sont les risques liés aux pluies tardives ?
Elles peuvent détériorer la qualité des légumineuses avant ou après la récolte, mais aussi affecter la biomasse. Or, la saison des pluies 2025 devrait se prolonger jusqu’au début octobre. Cela impose de renforcer les actions d’appui-conseil pour sensibiliser les producteurs aux conséquences des pluies pré et post-récolte, et les former aux techniques de récolte, conservation et stockage.
Quel est, selon vous, le maillon faible du système agricole pluvial ?
C’est la phase de récolte. Elle reste très vulnérable et nécessite des efforts pour être améliorée, afin de réduire les pertes et maximiser les bénéfices pour nos producteurs et pour l’économie rurale.
Merci Dr pour cette interview !
Propos recueillis par Aliou DIALLO, journaliste environnementaliste



