Dans la région de Zinder, au Niger, l’agriculture n’est pas l’apanage des hommes. De nombreuses femmes y jouent un rôle moteur, à l’image de Hadjia Aichatou Abdou, surnommée « Reine des Agriculteurs du Grand Damagaram ». Héritière d’un savoir transmis par son père, elle consacre depuis plus de trois décennies sa vie à la terre.
Dans un secteur souvent perçu comme dominé par les hommes, Hadjia Aichatou Abdou incarne une figure emblématique de l’agriculture féminine au Sahel. Depuis sa tendre enfance, cette cheffe de champ, œuvre avec passion et détermination dans les terres agricoles du Grand Damagaram.
Hadjia Aichatou Abdou, une héritière de la terre !
Fille d’agriculteur, Hadjia Aichatou a hérité non seulement des terres familiales, mais aussi d’un savoir-faire ancestral. Aujourd’hui, elle est reconnue dans toute la région comme la « Reine des Agriculteurs », un titre qu’elle porte avec fierté et responsabilité.

Une exploitation modèle pour une communauté résiliente !
Tenez bien, nous nous sommes rendus sur l’un de ses champs, situé au nord de Zinder, sur la route de Tanout, dans les terroirs de Garin Sassari. Sur place, elle supervisait les derniers labours avant la récolte, coiffée de son chapeau traditionnel de cheffe, symbole de son statut : Saraouniyar Noma. Elle y cultive mil, sorgho, sésame, niébé et arachide, en système de production associée. Elle le fait, selon des pratiques agro écologiques respectueuses de l’environnement et des traditions locales.
Un impact social fort pour les riverains.
Son exploitation de 20 hectares génère chaque saison des centaines d’emplois pour les jeunes et les femmes des villages environnants. Il s’agit bien : Garin Sassari, Linguiwa, Toumnia, entre autres. Sur le terrain, nous avons rencontré des équipes à l’œuvre, entre labour et récolte des premières gousses de niébé.

Une voix pour la résilience…
Au-delà de la production, Hadjia Aichatou Abdou est une actrice engagée dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, les effets du changement climatique et les causes profondes de la migration. Son engagement en fait une figure de résilience et de stabilité communautaire dans la région « Des femmes comme Hadjia Aichatou Abdou doivent être soutenues. Elles sont les piliers d’une agriculture durable et d’un développement local apaisé », souligne Dr Haboubacar Maman Manzo, enseignant-chercheur à l’Université Boubakar Ba de Tillabéri et Chevalier de l’Ordre national du Mérite du Niger.
Aliou DIALLO, journaliste environnementaliste.



