À l’approche de la COP30 au Brésil, les initiatives se multiplient afin de renforcer la place de la société civile dans les négociations climatiques. Acteurs d’Afrique, d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Asie du Sud se mobilisent pour ne pas rester en marge de ce rendez-vous déterminant pour l’avenir de la planète.
Au-delà de la simple coordination, l’initiative des OSC du Sud Global se veut un espace de dialogue durable et inclusif. « Notre motivation à rejoindre cette dynamique repose sur la conviction que les défis environnementaux, agricoles et sociaux exigent une réponse collective, portée par les acteurs locaux. Nous voyons dans cette plateforme une opportunité stratégique pour défendre la souveraineté alimentaire et énergétique, valoriser les savoirs endogènes, renforcer la résilience des communautés et influencer les politiques internationales », explique Ongoundou Bienvenu, Vice-président et Conseiller technique régional de l’ONG Africa Climate Action Initiative (ACAI).
Une mobilisation stratégique
Pour la société civile, il ne s’agit plus seulement de participer aux discussions, mais de tracer une voie commune. « Ce dialogue de Brasilia représente un tournant stratégique pour les pays du Sud, car il offre une plateforme unique pour renforcer la coopération, partager des solutions adaptées aux impacts climatiques locaux et promouvoir la souveraineté climatique. Il s’agit de donner enfin une voix forte aux OSC dans les décisions qui affectent directement leur résilience et leur développement durable », poursuit M.Ongoundou, également membre du comité de pilotage multi-acteurs.

Des priorités ancrées dans la réalité
Les attentes de ces organisations sont claires, reconnaissance et réparation des pertes et dommages climatiques, Renforcement des capacités locales d’adaptation, Protection des droits des communautés vulnérables, Soutien à l’agriculture durable et à la sécurité alimentaire, Accès équitable aux financements climatiques et aux technologies propres.
Ces priorités traduisent une ambition : bâtir une souveraineté écologique collective, où les peuples du Sud prennent en main la gestion durable de leurs ressources naturelles et la protection de leurs écosystèmes.
La place des savoirs endogènes et des peuples autochtones…
Les savoirs locaux, souvent marginalisés dans les politiques climatiques, doivent occuper une place centrale. Ils offrent des solutions adaptées aux contextes spécifiques, renforcent la résilience et favorisent des approches inclusives.
Par ailleurs, la défense des droits des peuples autochtones et la lutte contre l’accaparement des terres apparaissent comme des priorités urgentes « La protection des terres et des savoirs traditionnels est fondamentale pour préserver les écosystèmes, garantir la souveraineté alimentaire et prévenir les conflits liés à l’exploitation abusive des ressources naturelles » insiste Ongoundou Bienvenu.
Pour un financement juste et direct !
Les OSC du Sud réclament des mécanismes de financement simplifiés et accessibles : subventions directes aux communautés locales, fonds sans conditionnalités excessives, et appui technique pour assurer la durabilité des projets. En unissant leurs voix, ces organisations espèrent peser à la COP30. Leur objectif : exercer une pression politique et médiatique afin que la souveraineté et la résilience climatiques soient enfin intégrées au cœur des négociations internationales.
Un appel aux négociateurs !
Les OSC du Sud Global appellent la communauté internationale à reconnaître la vulnérabilité de leurs peuples face aux impacts du changement climatique, à soutenir des solutions justes et équitables, et à garantir un accès transparent aux financements et aux technologies.
À Brasilia, la société civile du Sud entend démontrer que la lutte contre la crise climatique ne peut réussir qu’avec des peuples acteurs de leur destin porteurs de savoirs, de solutions et d’alternatives pour un monde plus juste et durable.
Aliou DIALLO, Journaliste, Expert Environnementaliste au sein du comité de pilotage multi-acteurs



