Dans la commune urbaine de Sanoyah, récemment érigée en collectivité autonome, la gestion des déchets ménagers demeure un enjeu crucial. Bien que des défis persistants freinent les avancées, la commune a engagé une série d’actions concrètes pour structurer le secteur de l’assainissement et instaurer des pratiques durables.
Une stratégie locale reposant sur les PME et les GIE
Pour améliorer la collecte des déchets, la mairie collabore avec plusieurs PME locales, autorisées à s’implanter dans les quartiers et à créer des Groupes d’Intérêt Économique (GIE). Ces structures recrutent des jeunes de la localité pour assurer la pré-collecte des ordures jusqu’à un point de relais central, identifié sous le nom de P46. « Nous avons autorisé les PME à installer des GIE dans les quartiers, afin de permettre l’abonnement des citoyens. Ce sont ces jeunes qui font la pré-collecte des déchets, ensuite centralisés à P46 », explique Aboubacar Sabari Conté, président de la commission transport et coordonnateur général des emprises au sein de la délégation spéciale.
La commune dispose actuellement de 14 éboueurs, trois camions, dont deux lève-conteneurs, et d’une équipe active de jour comme de nuit. Toutefois, les camions sont limités aux grandes voies, notamment l’autoroute Fidel Castro, sans possibilité d’accès aux ruelles intérieures.

Des résistances sociales qui freinent les efforts
Malgré ces avancées, les habitudes héritées du passé continuent de nuire à la dynamique d’assainissement. Dans plusieurs quartiers, des citoyens persistent à jeter leurs déchets sur les trottoirs, au bord des routes ou dans des zones non autorisées, ignorant ou rejetant les dispositifs d’abonnement mis en place. « Ce rejet du système organisé alourdit la tâche de nos équipes et freine notre politique d’assainissement », déplore M. Conté.
Une campagne de sensibilisation communautaire en cours
Face à cette situation, la mairie a lancé une campagne de sensibilisation de proximité, combinant communication pédagogique, mobilisation communautaire et rencontres citoyennes. Des agents municipaux, leaders communautaires et jeunes volontaires sillonnent les quartiers pour expliquer les avantages d’une commune propre, l’intérêt de s’abonner aux PME et les risques environnementaux liés au dépôt sauvage des déchets.
Vers un assainissement intelligent et durable
Soucieuse d’aller plus loin, la commune a mis en place un système de tri sélectif, encadré par un comité de certification. Celui-ci classe les déchets par nature (plastiques, solides, liquides, etc.) pour faciliter leur traitement, recyclage ou élimination appropriée. « Le système est fonctionnel et mobilise activement 60 districts, tous rassemblés autour d’une zone stratégique près du pont, aménagée pour le regroupement, le tri et le prétraitement des déchets », précise M. Conté.

Une gouvernance locale structurée
L’équipe communale actuelle a fait de l’assainissement une priorité absolue. Un service local dédié a été mis en place, dirigé par un chef expérimenté, appuyé par un chargé de suivi-évaluation. Ce dispositif assure un contrôle rigoureux des opérations et garantit la régularité du service, en lien avec les 60 districts concernés.
Au cœur de cette stratégie, la commune souhaite instaurer une culture de l’abonnement aux services d’assainissement, tant pour les ménages que pour les commerçants des marchés, longtemps habitués à se débarrasser de leurs déchets sans respect des normes.
Parmi les actions phares, la fermeture d’un dépotoir sauvage vieux de plus de 30 ans, remplacé aujourd’hui par un centre de formation en construction, symbole fort d’un tournant environnemental.
« Avec une approche intercommunale, des actions concrètes et une forte volonté de changement, Sanoyah entend sortir du cercle vicieux des ordures mal gérées. Mais cela ne sera possible que si les citoyens s’approprient pleinement ces nouveaux mécanismes », conclut Aboubacar Sabari Conté.
Lamarana DIALLO



