La Guinée persiste dans ses manquements aux recommandations de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette organisation, qui veille à la protection des espèces menacées, a exprimé son exaspération face au laxisme des autorités guinéennes en matière de conservation. Le 4 février dernier, la CITES a durci le ton, mettant en évidence les nombreuses défaillances persistantes du pays, une situation qui suscite déjà l’indignation des acteurs de l’environnement.
Selon plusieurs observateurs, cette situation ternit l’image de la Guinée sur la scène internationale et remet en question son engagement envers les conventions qu’elle a librement signées « Ce manquement démontre notre incapacité à respecter nos propres engagements pris sans contrainte. Cela nous discrédite aux yeux de nos pairs et freine nos opportunités de partenariat, tout en nous excluant des instances internationales », regrette Abdramane Diakité, ingénieur, juriste environnementaliste et consultant sur les questions environnementales.
Des conséquences lourdes pour le pays!
Le renforcement des sanctions de la CITES contre la Guinée ne sera pas sans conséquences. Elles pourraient avoir un impact juridique et politique considérable sur le pays. « D’un point de vue juridique, notre pays est déjà sous sanction. Nous n’avons même plus de point focal au sein de la CITES, ce qui signifie que le pont est coupé entre la Guinée et la convention. Pire encore, la CITES dispose de nombreux leviers pour accentuer la pression sur notre pays », explique Abdramane Diakité.
Sur le plan politique, les répercussions seront tout aussi graves. La CITES étant liée à plusieurs fonds internationaux, la Guinée pourrait être privée de financements essentiels pour ses projets de conservation et de développement durable. « Lorsque nous ne respectons pas nos engagements, nous nous retrouvons exclus des décisions stratégiques. Ainsi, d’autres nations décideront de notre sort en notre absence », ajoute-t-il.
Un discrédit grandissant sur la scène internationale!
Outre les sanctions directes, la réputation de la Guinée risque d’en souffrir durablement. « Les conventions environnementales étant interconnectées, nous risquons d’être écartés d’autres organisations internationales, ce qui nous priverait de soutiens précieux. Nos partenaires pourraient se détourner de nous au profit de pays plus respectueux des engagements internationaux. Même si nous disposons d’importantes ressources, nous n’aurons pas de preneurs. C’est une situation alarmante, qui nous isole sur la scène mondiale » prévient Diakité.
Cette nouvelle sanction de la CITES met en évidence l’urgence pour la Guinée de revoir sa politique environnementale. Une meilleure gouvernance et un engagement ferme envers les conventions signées pourraient permettre d’inverser la tendance et d’éviter une exclusion totale des instances internationales.
Il appartient désormais aux autorités de réagir rapidement pour rétablir la crédibilité du pays et assurer un avenir plus respectueux de l’environnement. Et le moins qu’on puisse dire, il y’a plusieurs sources qui indiquent l’implication des cadres ministère de l’Environnement et du Développement Durable dans cette affaire. Ce qui fait que la Guinée continue à trainer les pas sans pour autant respecter ses engagements internationaux.
Lire… https://cites.org/sites/default/files/documents/F-SC78-Sum-03.pdf
Aliou DIALLO



