La vallée de Takalmawa, en périphérie de la ville de Tahoua, vient d’entrer dans l’histoire agricole du Niger. En cette seconde semaine de janvier 2026, les producteurs locaux ont réalisé une première campagne rizicole hors aménagement, couronnée de succès. Elle démontre le potentiel agricole encore largement sous-exploité de la région de l’Ader.
Cette initiative, menée exclusivement par les producteurs locaux, avec leurs propres moyens et à leur propre initiative, a permis de mettre sur le marché local et national du riz produit à Tahoua. Une démarche suscite l’admiration et espoir. La réussite de cette campagne a mobilisé les autorités régionales, venues constater de visu les résultats engrangés et encourager les producteurs pour cet exploit remarquable « Du riz de l’Ader, qui l’aurait pensé ? » s’interrogent encore certains. Longtemps perçue comme une zone peu propice à la riziculture, la vallée de Takalmawa prouve aujourd’hui que la terre ne ment pas, pour peu qu’on lui fasse confiance et qu’on investisse dans le travail agricole.
Après les expériences réussies de Tillabéri, Diffa et Zinder, le Niger peut désormais compter sur le riz de l’Ader, produit aux portes de Tahoua. Cette avancée renforce la diversité géographique de la production rizicole nationale et « ouvre de nouvelles perspectives pour la sécurité alimentaire. »
Agriculture et souveraineté alimentaire
Au-delà de la performance agricole, cette réussite porte un message fort : la souveraineté nationale commence par la sécurité alimentaire. Produire localement du riz, denrée de grande consommation, réduit la dépendance aux importations et soutient l’économie locale.
Pour Dr Haboubacar Maman Manzo, enseignant-chercheur à l’Université Boubakar Ba de Tillabéri, cette expérience est un signal fort : « Notre vraie souveraineté est d’abord notre sécurité alimentaire. Investir dans l’agriculture, c’est investir dans le développement économique durable du Niger.» dit-il

Un exemple à consolider ou investir pour un avenir durable ?
Sans doute, cette campagne réussie témoigne de l’engagement des producteurs, mais aussi de l’importance du soutien institutionnel. La mobilisation des autorités régionales apparaît comme un signe encourageant de reconnaissance du rôle stratégique de l’agriculture dans le développement local.
L’expérience de Takalmawa démontre aussi, qu’avec des initiatives locales, des efforts collectifs et un accompagnement adéquat, il est possible de produire des denrées essentielles, de créer des emplois et de renforcer l’économie rurale.
La réussite de la campagne rizicole de Takalmawa est plus qu’un exploit agricole : c’est une leçon de confiance en nos capacités nationales. Elle rappelle que le Niger dispose de réelles potentialités agricoles, capables de transformer durablement les territoires.
Comme le souligne Dr Manzo « il est temps de compter sur nos vraies capacités et nos réelles potentialités. L’avenir de la souveraineté alimentaire du Niger pourrait bien se construire, aussi, dans des vallées comme celle de Takalmawa. ».
Aliou DIALLO, journaliste environnementaliste



