Le changement climatique, souvent perçu comme une menace, révèle des effets inattendus et parfois bénéfiques pour l’environnement du Sahel central. Cette réalité englobe des pays comme le Niger, le Mali, le Sénégal et le Tchad. Ces dernières années, un retour des pluies a favorisé l’adaptation de cultures traditionnellement réservées aux zones soudaniennes et tropicales plus humides. Parmi ces cultures, la banane s’impose désormais dans des régions sahéliennes « Nous assistons à une dynamique agroécologique inédite. Des cultures fruitières, autrefois limitées aux zones humides, trouvent leur place dans le Sahel grâce à l’évolution des régimes pluviométriques », explique Dr Haboubacar Maman Manzo, enseignant-chercheur à l’Université Boubacar Ba de Tillabéri.
Dans la région de Maradi, la production de banane est devenue une réalité. Ce phénomène illustre la transformation des systèmes agricoles sahéliens « Produire des bananes au Niger était impensable il y a quelques décennies. Aujourd’hui, c’est une fierté nationale et un signe de résilience face aux changements climatiques », souligne Dr Manzo.
Diversification fruitière et opportunités économiques !
Outre la banane, d’autres fruits comme les agrumes, la goyave, le jujube et la pomme du Sahel prospèrent désormais dans ces zones. Au Sénégal, la production de banane a atteint 112 500 tonnes en 2025, un chiffre qui témoigne de l’ampleur de cette mutation agricole « Ces dynamiques écosystémiques doivent attirer l’attention des décideurs publics et des scientifiques. Il est urgent d’accompagner la modernisation et la valorisation de ces productions pour maximiser leurs éco-bénéfices », insiste Dr Haboubacar Manzo.
La production locale de bananes réduit l’empreinte écologique liée aux importations « Désormais, nous avons nos bananes produites par des Nigériens. Consommons nos bananes et contribuons à la réduction des émissions liées au transport international », conclut l’Enseignant Chercheur.
Aliou DIALLO, Journaliste environnementaliste



