La campagne agropastorale pluviale 2025 se déroule normalement au Niger, et plus particulièrement dans la région de Zinder. Là-bas, l’hivernage s’est installé comme espéré. Des plaines verdoyantes s’étendent désormais d’Ouest en Est et du Sud au Nord de cette vaste région sahélienne. Elles offrent un paysage parsemé de champs de cultures vivrières et commerciales. Mil, sorgho, niébé, arachide, sésame, entre autres sont des spéculations qu’on retrouve « Ces cultures sont harmonieusement intégrées à un maillage végétal dense, fait de parcs d’arbres et d’arbustes endémiques du Sahel central, tels que Acacia faidherbia albida, Acacia nilotica, Acacia radiana, Acacia senegalensis, Acacia laeta, Acacia tortilis, Commiphora africa, Maerua crassifolia, Sclerocarya, birrea, Adansonia digitata, Vitex doniana, Lannea microcarpa, etc » Indique Dr Haboubacar Maman Manzo, enseignant chercheur en Agronomie.
Dans la bande pastorale au nord de la région, à la périphérie sud du chef-lieu du département de Tanout, un acteur clé du développement agroécologique continue de faire la différence. C’est le Centre de Recherche Agronomique EDEN, créé à Dalli en 1988 « Ce centre a été initié par l’ONG suédoise EDEN, présente au Niger depuis 1986, dans le sillage des graves conséquences de la famine de 1984. Avec l’appui des autorités locales, notamment du Sous-préfet de l’époque, le capitaine Torda Hainikoye, un terrain de 18 hectares a été dédié à la recherche sur les espèces végétales endémiques à haute valeur écologique et alimentaire. » Rappel le Dr en Agronomie.

Sous la direction de Victor Garvi, désigné par le président du Conseil d’administration de l’ONG, Stéphane Garbançon, le Centre EDEN de Tanout s’est illustré dès ses premières années par la mise en place de dispositifs modernes : clôture, réseau d’adduction d’eau, pistes, entrepôts, bâtiments techniques et même une station météorologique ont été réalisé. Sur le plan de la Biodiversité « Dix-huit espèces endémiques ont été implantées dès 1988 en système de culture pluviale, avec des résultats tangibles sur la reforestation et la résilience des communautés locales. » Cet enseignant chercheur.
Aujourd’hui encore, le Centre EDEN poursuit son œuvre de régénération et de réintroduction végétale dans plus de « 254villages » du département de Tanout. Sur l’axe Ouest-Est, les plants produits sont diffusés de Gangara à Baderi et Bani Walki, jusqu’à Dibiyandi au Sud-Est. Ils atteignent Enawel à la limite Est de la commune rurale de Ollewa. À l’Ouest, les résultats de la recherche profitent à des villages comme Gourmatsé, Bakatsiraba Dan Komsa, Gagawa, Souroutou, Tsamia et Belbedji. À l’Est, les communautés de Baboulwa, Gwom Gwom, Faroumari, Kalgo ou encore celles situées au Sud de Tanout comme Maja, Sabon Kafi, Guezawa et Bashirgaga bénéficient également des retombées positives de ce modèle agroécologique.

Dans un contexte sahélien marqué par la variabilité climatique, les efforts du Centre EDEN s’imposent comme un levier de durabilité, d’autonomisation des communautés rurales et de protection de la biodiversité locale « La campagne agropastorale 2025 à Zinder s’annonce non seulement productive, mais aussi résiliente reflet d’une approche intégrée qui allie savoir scientifique, pratiques traditionnelles et engagement communautaire. » Rassure-t-il
Il faut dire que le constat montre que l’impact remarquable généré sur l’environnement du Damergou grâce aux résultats de recherche de la Station de recherche agronomique EDEN de Tanout sont visibles. Depuis plus de 37 ans, ce centre mène des actions de revégétation naturelle par semis direct et qui ont permis de compenser les pertes de la biodiversité floristique et faunique du Damegou. Il favorise aussi le retour de la période humide au Sahel dans l’espoir de voir cette initiative résister au temps.
Aliou DIALLO



