La découverte du Niger continue dans sa potentialité. Cette fois-ci, nous découvrons ce pays, à travers ses arbres fruitiers, notamment la mangue. Un pays sahélien qui forge admiration à travers, malgré son paradoxe (désertique).
La saison des mangues est bien plus qu’un simple moment de l’année au Niger : c’est un rendez-vous sensoriel et culturel. Les étals des marchés se couvrent de fruits aux teintes éclatantes : vertes, jaunâtres, jaunes-orangées, roses ou rougeâtres tous généreusement chargés de chair juteuse, parfumée, parfois fibreuse, mais toujours délicieuse. Des variétés internationales comme Kent, Keitt, Tommy Atkins, jusqu’aux mangues locales telles que Moussa bon, Mangoriya ou Bourtoné, sans oublier les exotiques Amélie, Ruby ou Palmer, composent un éventail gustatif impressionnant.
Un arbre ancestral aux racines multiples
Le manguier (Mangifera indica), de la famille des Anacardiaceae, est cultivé depuis plus de 4 000 ans. Originaire d’Asie du Sud (Inde ou Malaisie), il a été introduit en Afrique par les Arabes au Xe siècle, puis par les Européens dès le XVIe siècle. Aujourd’hui, il s’est parfaitement enraciné dans les terroirs sahéliens, notamment au Niger. Dans ce pays sahélien, le manguier est omniprésent : de Ayorou à Gaya le long du fleuve Niger, en passant par Yalwani, Boubon, Liboré, Kollo, Say, ou encore dans les vallées et cuvettes du sud-est. Partout, il structure le paysage rural, ombrage les hommes et les animaux, orne les concessions, et surtout, nourrit les familles.

Un rempart écologique face aux aléas climatiques !
Le manguier est aussi un allié précieux dans l’adaptation aux changements climatiques. Résistant à la canicule, aux tempêtes de sable et aux pluies extrêmes, il protège les écosystèmes et participe à la résilience des communautés rurales. Arbre des zones intertropicales, il nécessite plus de 700 mm de précipitations pour croître pleinement, une exigence satisfaite par les pluies abondantes de 2024.
Classée parmi les meilleurs fruits tropicaux, la mangue est une mine de nutriments. Riche en « vitamines A et C, en eau, en sucres naturels, en sels minéraux comme le potassium, le magnésium, le fer et le calcium, elle booste l’immunité, soutient la croissance et participe à une bonne santé globale. » indique Dr Haboubacar Maman Manzo Enseignant Chercheur Université Boubakar Ba de Tillaberi au Niger.

Un potentiel économique sous-exploité
Sur le plan économique, la mangue nigérienne est porteuse d’opportunités. La demande mondiale, en constante hausse notamment en Asie, en Europe et en Amérique, transforme ce fruit en matière première pour l’agroalimentaire, la cosmétique et les produits alicaments. Il est temps, selon Dr. Manzo « que la recherche scientifique au Niger s’oriente vers la valorisation complète de cette filière pour soutenir les producteurs et renforcer l’économie nationale. » dit-il
Un appel à la consommation locale
Pour conclure, Dr. Manzo invite chacun à profiter de cette saison : « Consommez une mangue par jour, c’est la saison et c’est bon pour votre santé ». Une manière simple et savoureuse de faire le plein de vitamines, tout en soutenant l’agriculture locale.
Aliou DIALLO



