Dans le cadre de l’exécution du projet « Renforcement de la gouvernance des pêches en Guinée » le Ministère de la Pêche et de l’Économie maritime a organisé l’atelier de sensibilisation sur les impacts de la pêche illégale, non déclarée et non règlementée (INN) à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux ciblant les communautés de pêche.
Après une première journée en salle consacrée aux échanges et exposés, les participants à l’atelier de sensibilisation sur les impacts de la pêche INN, les médias impliqués ont effectué une sortie de terrain. Objectif, permettre aux journalistes de constater les réalités vécues par les pêcheurs artisanaux dans les ports de Conakry.
Première étape de cette sortie, c’est au port artisanal de Boulbinet, au centre de Conakry. Là-bas, les pêcheurs dénoncent les pratiques des navires industriels. Qui, pour eux sont à l’origine de la pêche non règlementée dans les eaux guinéennes « Ces bateaux viennent dans nos zones, ils ne respectent aucune règle. Ils détruisent nos filets et prennent tout le poisson. Nous, on revient souvent les mains vides. Nous demandons de l’aide à l’État pour corriger ces désordres.» Indique Bah Thierno Ibrahima, pêcheur.

Almamy Camara, un autre pêcheur, pointe également la question des filets inadaptés, notamment les mon filaments « La capture des petits poissons n’est pas bonne. Les filets trop fins tuent les gros, les petits et même les plus jeunes poissons. Nous avons besoin d’un appui de l’État pour avoir du matériel adapté, sinon la faible production deviendra encore plus dangereuse. » dit-il
Au cours la journée, la visite des ports s’est poursuivie à Bonfi. Un port artisanal situé dans la commune de Matam. Sur les lieux la situation n’est guère meilleure. La production artisanale chute d’année en année à cause des pratiques de pêches non conforme « Avant, une sortie en mer suffisait pour remplir nos pirogues. Aujourd’hui, on peine à rapporter de quoi nourrir nos familles. Tout cela est causé par les navires de pêche qui ne respectent pas les règles » témoigne Moussa Camara alias MC, pêcheur
Au port artisanal de Kaporo , des conditions précaires son visibles !
La visite s’est achevée dans ce port de Kaporo. Sur le terrain, le constat est alarmant. Les pêcheurs, notamment les plus jeunes, évoquent un avenir incertain « Nous travaillons jour et nuit, mais la mer ne donne plus. Les grands bateaux détruisent tout et nous n’avons aucun appui. Nous avons lutté contre les filets de 25 mailles. Regarder le filet qui n’atteint même pas dix mailles. Ça c’est 20, donc ça ramasse tout, même les nouveau-nés. Nous sommes menacés. Actuellement nous pouvons faire 3 à 4 sorties sans avoir le prix de carburant pour un seul jour comparé et vérifier. Deuxièmement la mer guinéenne est saturée le caoutchouc, les pampers quand vous mettez votre filet dans la mer vous trouverez les poissons et les Pampers et les caoutchoucs dans vos paniers. Actuellement on n’en trouve pas les failles, ils ont tout ramassé vous allez au marché voir avec les Femmes, quelles sortes de poisson elles vend. Il n’y a pas de gros poisson n’y a pas de bon poisson quand vous sortez vous ne pouvez même pas atteindre 4 ou 5 paniers de poisson. » Dénonce le chef de port artisanal de Kaporo, Marouf Bangoura

Fatoumata Bangoura, est fumeuse de poisson. Elle pointe du doigt l’insalubrité des différents ports notamment celui de Kaporo « Au-delà de la rareté du poisson, c’est l’état du port qui inquiète. Entre déchets plastiques et eaux stagnantes, les mareyeuses travaillent dans un environnement dégradé. Le port est sale, cela décourage les clients et met notre santé en danger. Nous voulons que les autorités nous aident à avoir des machines, des filets, et qu’elles contrôlent nos conditions de travail. » Explique-t-elle

Face à cette situation la CONAPEG ne reste pas indifférent. Cette structure faitière de la pêche artisanale reconnait l’urgence d’agir pour la lutte contre la pêche INN « Ces constats sont préoccupants. Notre rôle est de renforcer la surveillance et de soutenir les pêcheurs artisanaux. Mais il faut aussi l’engagement des médias pour porter ces voix jusqu’aux décideurs. C’est pourquoi Renforcement de la Gouvernance des Pêches en Guinée est à saluer. Nous sommes très contents des activités de ce projet. » a déclaré Sékou Touré, secrétaire permanent

Une mission de sensibilisation partagée avec les acteurs de la pêche !
Pour les journalistes, cette immersion sur le terrain a été une opportunité d’enrichir leurs productions avec des témoignages authentiques. Ils s’engagent à relayer la voix des pêcheurs et à sensibiliser l’opinion sur les dangers de la pêche INN et la dégradation des ports.
Cette sortie marque une étape clé de cet atelier de sensibilisation sur les impacts de la pêche illégale, non déclarée et non règlementée (INN) à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux ciblant les communautés de pêche.
Aliou DIALLO/Thierno Mamoudou BARRY



